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8 mars 2008 : Journée internationale des femmes

Message de M. Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO

À l’occasion de la Journée internationale de la femme 2008, les Nations Unies appellent les gouvernements nationaux et les partenaires du développement à « investir dans les femmes et les jeunes filles » en augmentant leurs contributions financières et en s’engageant davantage en faveur de l’égalité entre les sexes à tous les niveaux – à l’échelle mondiale, régionale et nationale. Cet appel est à la fois urgent et d’une importance capitale. Au cours des dernières décennies, la promotion de l’égalité entre les sexes dans les pays en développement n’a attiré qu’une part très modeste de l’aide publique au développement (APD), alors qu’il est établi que la lutte engagée à l’échelle mondiale contre la pauvreté ne peut être remportée sans égalité entre les sexes.

Bien que l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes constituent désormais l’un des huit Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD 3), le financement est resté insuffisant – il a même décliné au cours des dernières années. De fait, selon un rapport des Nations Unies, « réaliser l’ODM 3 d’ici à 2015 exigerait des ressources extérieures (…) de l’ordre de 25 à 28 milliards de dollars des États-Unis chaque année dans les pays à faible revenu ».

La première mesure à prendre pour accroître l’investissement consiste à faire en sorte que les sources traditionnelles de financement, telles que l’APD, affectent des ressources régulières et identifiables à la promotion de l’égalité entre les sexes. Toutefois, cela ne suffit pas. Les gouvernements nationaux et les organisations internationales doivent également adopter des dispositions budgétaires qui tiennent compte de la question du genre. Les allocations budgétaires des gouvernements nationaux et les dépenses du secteur public doivent systématiquement répondre à un souci d’égalité entre les sexes et les ressources doivent être affectées là où elles peuvent produire les résultats les plus efficaces. De même, les organisations internationales doivent examiner leurs propres engagements financiers pour s’assurer que l’égalité entre les sexes se voit accorder la priorité qu’elle mérite. Ensemble, nous devons également nous tourner vers des sources de financement nouvelles et novatrices, comme les partenariats avec le secteur privé et les fondations. L’égalité entre les sexes doit devenir l’affaire de tous – c’est-à-dire une priorité commune à tous les partenaires dans le domaine du développement.

L’engagement de l’UNESCO est ferme. L’égalité entre les sexes a été désignée comme l’une des deux priorités mondiales de l’Organisation dans sa Stratégie à moyen terme pour 2008-2013 et cette priorité se traduit déjà en action dans le cadre du Programme et budget pour 2008-2009. L’UNESCO s’est engagée sur cette voie car nous sommes convaincus que l’égalité entre les sexes représente une approche intelligente de l’économie, de la gestion et des partenariats. L’égalité entre les sexes relève tout d’abord, pour de nombreuses et fortes raisons, d’une approche intelligente et juste de l’économie. Elle peut représenter une force propice au développement économique et à l’amélioration de la qualité de vie de l’ensemble de la société. Il nous faut cependant reconnaître que les décisions économiques ont une incidence différente sur les femmes et sur les hommes. Les coupes opérées dans les dépenses sociales touchent les femmes, et en particulier les femmes pauvres, plus durement que les hommes : les filles sont retirées de l’école, les jeunes femmes plus exposées au risque d’infection par le VIH et les femmes de tous âges soumises à des formes extrêmes de violence. Lorsqu’on s’est donné pour objectif l’égalité entre les sexes, investir dans les possibilités éducatives, sociales, économiques et professionnelles offertes aux femmes n’est pas un « supplément » : c’est une question de justice et de droits humains et l’un des impératifs les plus éminents du développement.

L’égalité entre les sexes relève également d’une gestion intelligente. À l’UNESCO, le fait d’avoir rendu obligatoires le renforcement des capacités et la formation en matière d’intégration de la problématique du genre a assuré un meilleur impact à notre action dans tous nos domaines de compétences. En effet, prendre en compte l’égalité entre les sexes dans la programmation revient à considérer dans une perspective différente - en regardant, en quelque sorte, à travers le prisme du genre - et selon une pensée critique les résultats et les bénéficiaires des programmes et des activités, ce qui se traduit par une meilleure planification et par des actions de développement plus efficaces.

Au niveau interne également, l’égalité entre les sexes relève d’une gestion intelligente. L’UNESCO est fière d’être l’une des quelques institutions des Nations Unies qui ont déjà réalisé la parité entre les sexes au sein de leur personnel du cadre organique. Pour ce qui concerne les postes de décision de haut niveau, nous nous sommes fixé l’objectif ambitieux d’accroître de 50 % la représentation des femmes d’ici à 2015. Je ne doute pas que ce nouvel objectif politique pourra être atteint et qu’il se traduira par le renforcement et la diversification des ressources humaines dont nous disposons.

L’égalité entre les sexes est, enfin, particulièrement propre à fonder judicieusement des partenariats - que ce soit avec des gouvernements nationaux, des organisations bilatérales ou multilatérales, des ONG ou le secteur privé. Si elle s’y prête si bien, c’est parce qu’elle touche tout un chacun. Elle doit ainsi être abordée dans une perspective holistique et appelle des réponses multisectorielles. Les partenariats offrent en outre d’excellentes occasions de mettre en commun nos ressources en vue d’un plus grand impact et d’une plus grande efficacité.

Le partenariat mondial sans équivalent qu’entretient l’UNESCO avec le Sony Ericsson WTA Tour repose sur ces fondements. Destiné à promouvoir le leadership des femmes et l’égalité entre les sexes grâce à l’implication des plus grandes stars féminines du tennis, il financera prochainement des projets dans le monde entier, en commençant par des activités au Libéria, au Cameroun, en République dominicaine et en Chine. De même, le partenariat L’ORÉAL-UNESCO « Pour les femmes et la science » décerne des bourses et des récompenses financières à des chercheuses de premier plan, dans le monde entier pour leur permettre de poursuivre leur carrière, reconnaissant ainsi le caractère éminent et souvent pionnier de leur rôle et de leurs travaux.

Réaliser l’égalité entre les sexes exige des ressources financières plus abondantes et mieux ciblées. Cet investissement est essentiel non seulement pour assurer les droits des femmes, mais également pour atteindre les objectifs de développement adoptés à l’échelle internationale, comme les OMD. N’oublions pas que le progrès des femmes est le progrès de tous. Le coût du travail que nous accomplissons en vue de l’égalité entre les sexes est largement compensé par les fruits que nous pouvons en attendre sur les plans humain, social et économique

Contact Rokia Bâ Spécialiste de Programme Communication

Zita Frank Chargée de programme adjointe Communication/Information

UNESCO Bureau multi-pays pour le Mali , le Burkina Faso et le Niger Tél : (223) 23 34 92 / 93 – 538 90 98 Fax : (223) 23 34 94 BP. E 1763 Bamako – Mali r.ba@unesco.org ; z.frank@unesco.org www.unesco.org - www.un.org.ml

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