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Coton OGM : "Pour éviter le suicide des cotonculteurs"

Lors de la 67e réunion plénière du Comité consultatif international de coton (CCIC) qui vient de se tenir à Ouagadougou, Banashri B. Harrison, ministre chargé du Commerce à l’ambassade de l’Inde à Washington, membre du comité consultatif du coton, a représenté l’Inde, un pays qui, en six campagnes cotonnières, occupe le deuxième rang mondial en termes de production après la Chine, supplantant au passage les Etats-Unis. Nous avons eu l’occasion d’évoquer la situation du coton dans le pays de Mohammad Gandhi, notamment sur le cas de suicides de producteurs de coton qui, dit-on, auraient opté pour le coton Bt.

La 67e réunion plénière du CCIC vient de s’achever, quelle appréciation faites-vous de cette rencontre ?

La conférence a été très bien organisée. Et tout le monde a été impressionné puisque j’ai eu le privilège d’échanger avec d’autres délégations par la qualité du travail. Je retiens également la chaleur des Burkinabè qui nous ont beaucoup aidés à rendre davantage notre séjour agréable dans votre pays. J’ai aussi apprécié le contenu de la conférence qui a été très bien conçu.

On sait que le pays de Gandhi est parmi le peloton de tête dans la production de coton ; comment se porte l’or blanc en Inde de nos jours ?

Certes, je ne suis pas une spécialiste de coton, mais je sais que le coton est très important pour l’Inde, comme vous l’avez d’ailleurs mentionné tout de suite. Il joue un rôle social très important, car procurant des milliers, voire des millions d’emplois. C’est pourquoi, le gouvernement a voulu booster ce secteur, en faisant recours à des technologies nouvelles et en formant des gens pour qu’ils puissent appliquer lesdites technologies de manière efficace.

De nombreuses structures anti-OGM tablent souvent sur des suicides de producteurs de coton génétiquement modifié (GM), entre autres, pour s’opposer à l’adoption des OGM par les pays ; qu’en est-il réellement ?

Quand vous expérimentez une nouvelle chose, vous ne pouvez pas prévenir tous les problèmes qui peuvent arriver. Et l’euphorie suscitée par le coton transgénique au début en Inde a engendré des espoirs, mais également des problèmes. Effectivement, des cas de suicides de cotonculteurs ont été enregistrés dans les rangs de ceux qui ont pris un grand risque en mettant toutes leurs ressources dans la culture de coton Bt, pour récolter, finalement, une quantité en deçà de leurs attentes. Il y a beaucoup de raisons qui peuvent expliquer cette contre- performance, car la cause n’est pas liée à la technologie forcément comme les gens tentent de le faire croire. J’aimerai faire comprendre à l’opinion qu’en Inde, il a été prouvé que la culture du coton Bt, avec une bonne application des paquets techniques, a toujours donné plus de satisfaction, c’est-à-dire une production plus accrue. Dans tous les cas, le gouvernement a pris acte de ce qui s’est produit. Ainsi, des projets d’aide et de crédits ont été conçus pour aider notamment les petits producteurs qui cultivent le coton conventionnel ou le coton Bt.

Pouvez-vous nous rassurer que les suicides ne sont plus qu’un mauvais souvenir ?

Pour nous, même s’il y a un suicide, c’est très important parce que nous sommes responsables de l’ensemble des producteurs. L’année passée, il y a eu deux ou trois cas. Cette année, on n’a pas encore enregistré de cas parce que la campagne agricole a été bonne. Donc, nous espérons qu’il n’y aura pas de suicide, car nous sommes conscients que c’est la pauvreté ou le désespoir qui conduit souvent les gens à prendre une telle décision regrettable. Nous voulons que tout le monde accepte d’utiliser la technologie nouvelle pour améliorer sa production, et partant, ses conditions de vie.

Mais est-ce que quelquefois votre pays n’est pas victime de sa population qui est vraiment considérable ?

La population est très importante, certes, mais un proverbe de chez nous dit : « Quand quelqu’un veut de quoi manger, il doit travailler avec le futur ». C’est donc dire que cette population constitue une ressource humaine très capitale pour assurer, dans le futur, la prospérité de notre pays sur tous les plans. Aujourd’hui, plus de 50% de cette population est relativement très jeune avec une moyenne d’âge se situant à moins de 25 ans. Si ces jeunes sont bien formés, l’avenir de l’Inde sera radieux. C’est pourquoi le gouvernement s’efforce de faire des sacrifices au niveau de l’éducation et de la formation de ces derniers. Nous ne voyons donc pas cette ressource humaine comme un handicap à notre développement, mais plutôt une richesse qui fera de notre pays, une nation forte et puissante.

Cyr Payim Ouédraogo/http://www.lobservateur.bf/spip.php?article9731

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