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Cultures de contre saison : Tertius Zongo encourage les producteurs du Houet

Le Premier ministre, Tertius Zongo, a effectué, le samedi 3 mai dernier, une sortie dans la région de Bobo-Dioulasso. Au cours de son bref séjour, le chef du gouvernement s’est adressé d’abord aux participants du CASEM du ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques à Matourkou avant de se déporter à Sonsongona et à la Vallée du Kou pour constater de visu la réalité de la culture de contre saison et encourager les producteurs.

Sur les raisons de sa sortie dans la province du Houet, le chef du gouvernement a précisé : “ J’avais deux objectifs à travers cette visite. D’abord discuter avec les techniciens de l’agriculture et les amener à comprendre que c’est dans une approche globale, concertée, que l’on peut apporter des solutions aux problèmes de notre agriculture. Ensuite, leur faire comprendre que les solutions sont à portée de main, mais qu’elles doivent être cherchées avec les acteurs de terrain, c’est-à-dire les paysans. Il est bon pour eux de réfléchir et il est bon aussi de réfléchir pour que les paysans puissent être les vrais acteurs du développement.

La 2ème étape de ma visite a été de voir ceux qui sont sur le terrain, les organisations paysannes qui y travaillent, de les écouter, de les encourager, de leur apporter le soutien du gouvernement mais aussi de leur montrer que c’est avec eux que nous allons réussir ”. Tout en saluant l’idée de la tenue du CASEM, le Premier ministre a surtout insisté sur le rôle des acteurs, le travail en collégialité et l’environnement international qui nécessite un vrai sursaut agricole. “ Si je suis venu, c’est en vérité pour réaffirmer l’importance que le gouvernement accorde à l’agriculture ”, a-t-il indiqué.

Autrement dit, l’agriculture doit demeurer un secteur stratégique et un pilier du développement. Le secteur où justement, reconnaîtra le Chef du gouvernement, beaucoup reste à faire. Quand bien même les acquis sont significatifs, il n’y a pas lieu de baisser les bras. Des efforts sont faits certes, mais la sécurité alimentaire n’est pas toujours garantie. C’est pour cette raison que Tertius Zongo est revenu et de façon persistante, sur la mise en commun des intelligences et les nouveaux défis de l’agriculture burkinabé.

Miser sur la production locale

Actualité oblige, la question du riz s’est invitée à ce face-à-face. Les perspectives du marché international s’annoncent brumeuses. A ce niveau, le Premier ministre dira qu’il faut compter d’abord sur notre production locale car le potentiel existe et attend d’être mis en valeur. Pour lui, il n’ y a pas d’autre option durable qu’une solution qui doit venir de nous-mêmes. Et cela doit se construire sur la collégialité et le travail en synergie. Le gouvernement, a-t-il précisé, entend jouer sa partition. Reste maintenant que les cadres, les techniciens et l’ensemble du monde rural puissent s’approprier cet enjeu.

De la salle des travaux du CASEM à Matourkou, le Premier ministre, accompagné du ministre en charge de l’Agriculture, Laurent Sédégo s’est rendu respectivement sur le site de la culture de contre saison de Sonsongona, localité située à une vingtaine de kilomètres au Sud de Bobo-Dioulasso et sur la plaine rizicole de Bama. Sur ces deux sites, la petite irrigation villageoise fait son bonhomme de chemin. Situé en bordure du fleuve Kou, Sonsongona est par excellence une zone de production du maïs. 375 producteurs (dont 60 femmes) organisés en 9 groupements exploitent 365 hectares : en choux (40 ha), en maïs (150 ha) en aubergine (30 ha) en manioc (20 ha) en banane (40 ha) et en papaye (15 ha). La mécanisation agricole est adoptée et les plants présentent une bonne physionomie.

L’ensablement du cours d’eau, le mauvais état du tronçon (5 km) reliant Dindéresso au site agricole, le non aménagement du site et l’insuffisance de tubes PVC sont les contraintes majeures relevées par les producteurs. A cela, il faut ajouter les inquiétudes liées au tarissement de la ressource en eau.

Après Sonsongona, la délégation s’est rendue à la Vallée du Kou, sur la plaine rizicole vieille d’une quarantaine d’années. En effet, c’est de 1968 à 1975 que cette plaine a été aménagée par la coopération chinoise. Sur ce site, 1 300 producteurs exploitent 1 260 ha en diverses spéculations. Le riz s’impose en tant que principale production (9 725 tonnes) suivi du maïs (600 tonnes). Ces résultats auraient pu être plus substantiels, selon les producteurs, s’ils n’avaient pas à faire face aux difficultés d’approvisionnement en intrants et au problème de gestion en eau, entre autres. A cela, les producteurs ont demandé que la propriété de la plaine qui fait l’objet d’un contentieux judiciaire en ce moment soit clairement définie.

En réponse à toutes ces doléances, le chef du gouvernement a indiqué “ qu’on ne peut pas donner une réponse globale ” avant d’ajouter : “ Si je suis venu maintenant, c’est parce que nous sommes à la phase de la préparation du budget 2009. Mais en attendant, nous ferons quelque chose cette année. Nous allons vous apporter des semences améliorées pour agir sur les rendements et des intrants dans une certaine mesure ”. En attendant, il a fait don aux producteurs de Sonsongona, de 5 tonnes d’engrais et de 2 charrettes et, à la Vallée du Kou, de 8 tonnes d’engrais, 4 charrettes avec la promesse de leur offrir des semences pour la campagne humide de production de riz. Avant de quitter les lieux, M. Tertius Zongo a salué l’ardeur au travail des producteurs et leur a traduit les encouragements du gouvernement.

Frédéric OUEDRAOGO, éditions Sydwaya Source : http://www.sidwaya.bf/dossier_cultu...

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