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Des maraîchers du Bam conquis par les fertilisants dérivés de l’assainissement écologique

Ils étaient une soixantaine de participants réunis autour du Dr. Moussa Bonzi et de ses assistants Dofinita Coulibaly et Martin Sanon du Centre régional pour l’eau potable et l’assainissement à faible coût (CREPA), pour apprendre à se servir des excrétas humains hygiénisés sur les parcelles où ils produisent des légumes aux abords du lac Bam, dans le village de Zimtenga.

Cette formation se tient dans le cadre d’un Projet d’eau potable et d’assainissement dans la province du Bam, mené conjointement par Plan-Burkina Faso et le Centre régional pour l’eau potable et l’assainissement à faible coût (CREPA), avec le financement de Plan Netherlands.

Le Projet d’eau potable et d’assainissement au Bam fait également la promotion de l’assainissement écologique, qui trouve dans la province du Bam, un terrain très propice. Celle-ci se distingue par le dynamisme de sa production maraîchère. Elle compte aujourd’hui, deux lacs et 24 barrages et retenues d’eau d’une capacité de stockage d’environ 65. 670.000 mètres cubes. Sur ces barrages et retenues existent des superficies aménagées et aménageables en amont et en aval et la culture maraîchère est pratiquée par une bonne partie des paysans.

Les maraîchers qui ont pris part à la formation en sont repartis satisfaits d’avoir acquis une autre connaissance, une qui, aux dires des experts qu’ils venaient d’écouter, aller accroître considérablement leur production. Un autre groupe de 60 producteurs allait être formé le jour suivant dans le village de Rollo.

Les habitants des abords du lac qui s’étend sur plus de 45 km ne se tournent pas les pouces, aussi bien en saison pluvieuse qu’en saison sèche. Dès les premières pluies, les champs de brousse accueillent ces bras valides qui tirent l’essentiel de leurs ressources de l’agriculture. Sitôt la moisson achevée en fin de saison pluvieuse, le répit ne dure que le temps d’un léger retrait des eaux du lac.

L’agriculture pratiquée tout au long de l’année au Bam

Et chacun investit sa parcelle au bord du lac pour produire du maïs, et surtout des légumes et des tubercules en abondance dont entre autres, des pommes de terre, du haricot vert, de l’oignon, de l’aubergine locale, de la tomate, du chou, du piment, du gombo, de l’aubergine violette, de la carotte, de l’ail, du poivron et de la laitue.

Ce sont des producteurs de légumes réputés, qui exportent leurs produits en direction des quatre coins du pays, voire vers l’extérieur. Les produits maraîchers sont des cultures de rente. Outre leur impact sur l’économie de la province, les produits maraîchers contribuent à pallier le déficit céréalier, et les paysans du Bam s’y investissent réellement ; toute nouvelle technique à même d’améliorer les rendements est accueillie très favorablement, d’où leur grand intérêt pour l’assainissement écologique ou Ecosan.

Il leur a été expliqué qu’à travers Ecosan, les excréta humains sont des ressources. Ce qui est considéré comme déchet constitue un fertilisant formidable pour les sols, tant qu’ils sont hygiénisés sous des conditions précises : ex : collecte et conditionnement dans des récipients hermétiquement fermés pendant 45 jours, notamment pour les urines.

Sur la parcelle d’oignons de l’un d’eux, le 21 janvier dernier, ils étaient tous captivés par les conseils du Dr. Mossa Bonzi. La séance théorique a précédé une démonstration pratique qui a permis à la soixantaine de maraîchers d’expérimenter l’utilisation des urines humaines hygiénisées, non sans poser des questions multiples sur les lieux où elles pourraient être collectées en quantité suffisante, l’utilisation des urines des personnes malades, la durée de vie de ce fertilisant ainsi obtenu.

Une partie de la parcelle a reçu le nouveau fertilisant, qui a ensuite été inondée d’eau. Il a été recommandé au propriétaire de la parcelle, de répandre le fertilisant habituellement utilisé par les maraîchers sur le reste, tout en veillant à séparer ce reste de la partie traitée aux urines hygiénisées. Rendez-vous a été pris dans trois semaines pour constater les résultats et établir les comparaisons.

L’intérêt des maraîchers est tout à fait justifié ; ils utilisent essentiellement des produits chimiques pour enrichir le sol dont le NPK et l’urée. Le sac du NPK coûte entre 19.000 à 23.500 F CFA et celui de l’urée, 21.500 F CFA. Un maraîcher qui exploite 6 hectares de terre pourrait dépenser environ 2.500 000F CFA pour les engrais. L’utilisation des produits Ecosan permettrait donc aux producteurs de contourner ces coûts élevés. Et tant que les débouchés commerciaux s’offrent à eux, les revenus peuvent être garantis. Une production accrue est bien sûr, de ce fait, synonyme de plus d’argent, qu’ils auront acquis tout en se débarrassant des excréta humains.

Françoise K. TIENDREBEOGO et Michel NANA

source :http://www.sidwaya.bf/eco-dev_3.htm

Voir un film sur la question : "Notre urine vaut de l’or"

Documents joints

Une boite à outils sur l’utilisation des produits dérivés de l’assainissement écologique en agriculture (734.3 ko)
Format : PDF

L’assainissement écologique (ECOSAN) est une nouvelle approche de l’assainissement qui représente un changement de paradigmes. Cette approche vise à protéger la santé et l’environnement par une hygiénisation des excrétas humains afin de les utiliser comme fertilisants dans l’agriculture.

Cette approche est développée dans plusieurs régions. En Afrique de l’Ouest et du Centre, le Centre Régional pour l’Eau Potable et l’Assainissement à faible coût (CREPA) a mené un programme de recherche sur ECOSAN depuis 2002. Après les succès enregistrés avec son programme, le CREPA propose cette première version de la « boîte à outils ECOSAN » destinée à accompagner des populations défavorisées, des ONG, des associations et entrepreneurs désireux de s’investir dans le domaine de l’assainissement écologique. Cette « boite à outils » se fonde sur les connaissances acquises du Réseau CREPA à travers des projets de recherche mises en oeuvre in situ dans dix de ses pays membres. Les informations et résultats compilés sont inspirés des réalités socioculturelles des pays membres du réseau CREPA et mis à la disposition du public. Le programme ECOSAN étant toujours en cours, il va sans dire que le CREPA reste ouvert à toute critique constructive dans le but d’une amélioration, du contenu de la boîte.

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