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IVe édition de la SNI. Joachim Tankoano, ministre des Postes et des Technologies de l’information et de la communication : « Nous voulons que l’Internet devienne un outil de masse »

A l’orée de la IVe édition de la Semaine nationale de l’Internet, le ministère des Postes et des Technologies de l’information et de la communication s’active. Le ministre Joachim Tankoano pense que son institution est fin prête. Dans cet entretien, il le confirme et brosse quelques projets à venir pour dynamiser le secteur des TIC au Burkina Faso.

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Jochim TANKOANO

Sidwaya (S.) : La IVe édition de la SNI, c’est dans quelques jours. M. le Ministre faites-nous le point des préparatifs ?

Joachim Tankoano (J.T.) : Au vu des préparatifs, les choses avancent assez bien, comparativement aux autres éditions. L’objectif de cette SNI est de faire en sorte que le maximum de Burkinabè puisse découvrir l’Internet, afin que ces outils deviennent des outils de masse qui puissent contribuer à renforcer les capacités des uns et des autres, à mieux réaliser leurs ambitions dans la vie de tous les jours. Au départ, cela paraissait un peu difficile étant entendu que quand nous avons démarré cet événement, l’Internet n’était qu’à Ouaga et un peu à Bobo. Aujourd’hui, la situation a beaucoup changé. Il y a quelques localités sur le plan national qui ont désormais accès à l’Internet. En termes d’accès, les opérateurs mobiles se sont mis également dans la danse en lançant notamment des technologies comme le « GPRS » qui permet d’avoir accès à l’Internet à travers un téléphone mobile. Cette technologie est utilisée aujourd’hui sur toute la partie Ouest du pays et très prochainement dans l’autre moitié du territoire national. Par ailleurs, l’ONATEL vient de lancer un nouveau service dans le cadre de son offre de services sur le téléphone fixe qui permet d’accéder à l’Internet. C’est une technologie qui permet d’accéder à l’Internet facilement à Ouaga et à Bobo et aussi dans les villages où peut-être il n’y a pas d’école, pas de route etc... L’intérêt est que l’Internet puisse devancer toutes ces infrastructures de base qui sont essentielles pour le développement.

S. : Quelles sont les innovations majeures attendues à cette IVe édition de la SNI ?

J.T. : On ne peut pas parler d’innovations en tant que telles parce que c’est un événement qui se poursuit dans la continuité. Etant donné que les éditions précédentes ont porté fruit, les efforts vont se focaliser sur les mêmes types d’événement, notamment sur les campagnes de sensibilisation qui permettront de toucher le plus grand nombre de personnes sur l’ensemble du territoire national. Il y aura aussi des ateliers qui vont permettre aux uns et aux autres de se pencher sur des questions liées aux TIC. Un débat télévisé, un salon d’expositions seraient l’occasion pour les professionnels de faire découvrir leur savoir-faire et de nouvelles solutions technologiques. Enfin, la nuit du web qui est une soirée de gala qui clôture la semaine en beauté. C’est l’occasion de faire découvrir les efforts des uns et des autres en termes de développement de contenus, en termes de développement de systèmes.

S. : Au cours de cette édition de la SNI, il y aura le forum. Quels sont les thèmes qui seront abordés ?

J.T. : Le forum est un événement important en lui-même. Les deux événements sont organisés en même temps pour créer une synergie entre eux. Ce forum est organisé conjointement par Microsoft, le gouvernement avec l’appui de partenaires. Le but de ce forum est de favoriser le partage des bonnes pratiques. On a pu constater à travers ce forum que de nombreuses initiatives ont été menées un peu partout à travers le continent. Des initiatives qu’on peut qualifier de réussies. Si on pouvait dans un seul pays concentrer l’ensemble de ces expériences réussies, il est évident que ce serait un pays bien branché qui tirerait un grand profit de ces technologies. Il ne sert à rien d’inventer la roue. On peut en regardant ce qui a bien marché chez le voisin, aller plus vite dans ce que l’on veut faire soi-même.

S. : Après le sommet de Kigali, l’Afrique a procédé au lancement du premier satellite. Où en êtes-vous avec son exploitation ?

J.T. : Je dois reconnaître que ce projet, dans sa conception très originale a suscité beaucoup d’espoirs pour tout le continent. Mais, il s’est en définitive, mal déroulé dans la mesure où le gaz qui devait servir au fonctionnement du satellite s’est en grande partie évaporé. La durée de vie du satellite a été fortement réduite. Cela remet du coup, en cause tout l’intérêt de ce projet. C’est une grande déception pour tout le continent au regard du temps que ce projet a pris pour arriver au résultat auquel nous assistons aujourd’hui. Du fait que c’était une opération entourée d’un certain nombre de garanties, le satellite va être reconstruit et relancé. Mais, on aura perdu au moins deux (2) ans.

S. : On a remarqué que lors des précédentes éditions de la SNI, le citoyen Lambda avait du mal à avoir une connexion fluide. Est-ce que pour cette édition, des mesures seront prises pour pallier cette insuffisance ?

J.T. : Le problème de la connectivité est un processus. Au départ lorsqu’on a lancé l’Internet, le débit global était de 128 kilobits pour tout le pays. Aujourd’hui, si vous donnez 128 kilobits à un utilisateur, cela devient largement insuffisant pour lui. Actuellement, nous avons un débit de plus de 350 mégabits. Ce sont des avancées très importantes dans ce domaine. Mais une fois que vous avez cette connectivité internationale, il faut d’abord la sécuriser. Actuellement, elle n’est pas sécurisée et chaque fois qu’il y a un incident qui intervient, cela crée une indisponibilité entraînant une réduction de la bande passante avec comme conséquence la difficulté des usagers à naviguer. Ensuite, il faut être à mesure de pouvoir répartir ce débit au niveau des usagers. C’est un peu comme si vous construisez un grand boulevard pour permettre aux véhicules de se déplacer et que maintenant quand on quitte ce boulevard pour aller dans une autre direction, on se retrouve sur des chantiers très étroits. Donc, en plus du boulevard, il faut pouvoir construire des artères assez fluides pour permettre à l’information de pouvoir atteindre les utilisateurs finaux. C’est « Internet large bande ». Pour le moment, cette technologie est offerte à travers l’ADSL pour permettre aux usagers de pouvoir accéder à l’Internet avec un débit assez confortable. A ce jour, on compte près de 7 000 usagers qui bénéficient de cette technologie. On devra s’attendre très prochainement à ce qu’il y ait plus d’usagers qui auront accès à l’Internet haut débit. Par ailleurs, au niveau de l’administration, on a mis en place un réseau qui n’a rien à envier à ce que l’on dit performant. C’est un réseau à très haut débit. Ce réseau couvre pratiquement tout Ouaga. Il combine la fibre optique et la technologie Wimax. C’est une sorte d’ADSL sans fil qui permet de raccorder les sites isolés. Aujourd’hui, il y a beaucoup de sites isolés. Des écoles, des formations sanitaires, des mairies (etc). Avec ce réseau, le débit qu’on utilise est pratiquement illimité. On peut donc considérer qu’à Ouagadougou, l’administration dispose d’une bonne connectivité.

S. : Il y a eu depuis quelques années, la libéralisation de l’accès à l’Internet au niveau des opérateurs. Mais cela tarde à être concrétisé. Qu’est-ce qui explique cet état de fait ?

J.T. : C’est un secteur libéralisé. Mais, je dois reconnaître que les textes qui régissent ce secteur aujourd’hui demandent à être améliorés. Nous sommes en train d’y travailler. Il y a une nouvelle loi qui va permettre de créer un environnement plus favorable à la libération. Toutes les barrières à l’entrée du secteur vont être levées. La réglementation va favoriser la convergence des réseaux et des services. Cela va permettre aux opérateurs de mettre en place des réseaux à des coûts plus faibles et à services multiples. Par exemple, que l’utilisateur avec un même numéro puisse avoir accès au téléphone, à l’Internet, à la télévision numérique... Ensuite, nous allons travailler à définir une nouvelle stratégie de promotion du secteur. On va redéfinir les différents types d’autorisations qu’on peut accorder aux opérateurs de manière à inciter le développement de nouveaux services.

S. : Est-ce que le ministère est fin prêt pour la IVe édition de la SNI ?

J.T. : Au vu de l’état des choses actuellement, je peux vous rassurer que le ministère est fin prêt pour le démarrage des activités de la 4e édition de la SNI.

Entretien réalisé par Daouda Emile OUEDRAOGO http://www.sidwaya.bf/dossier_sni.htm

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