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Journée mondiale de la liberté de la presse 2008 : Déclaration des organisations professionnelles du Burkina

La célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse 2008 est placée sous le thème : « Liberté d’expression, accès et autonomisation ».

Ce thème met en relief deux problématiques qui interpellent professionnels des médias, consommateurs de la presse, décideurs et autres. Il s’agit de la double thématique de l’autonomisation et de l’accès à l’information. Avant de revenir sur ce thème et la célébration au Burkina Faso qui correspond avec le 10ème anniversaire de la création du Centre national de Presse, Norbert Zongo, rendons hommage aux hommes de médias tombés au champ d’honneur les armes à la main.

À l’occasion de cette Journée mondiale de la liberté de la presse 2008, nos organisations tiennent à rendre hommage au courage et au professionnalisme des nombreux journalistes et professionnels des médias tués, blessés, emprisonnés, poursuivis dans l’exercice de leur métier.

Les différents rapports fournis par les ONG de défense et de protection des journalistes tels Reporters sans frontières (RSF), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Fédération internationale des journalistes (FIJ), et les organisations de défense des droits humains font état de :

Depuis le 1er janvier 2007, - 86 journalistes ont été tués - et de mesures de répression coercitives - plus de deux journalistes arrêtés chaque jour annonce Reporters Sans Frontière. Selon le Comité pour la Protection des journalistes 65 journalistes auraient été tués du fait de leurs activités professionnelles et 31 autres portés disparus.

Pour La Fédération internationale des journalistes, la violence contre les journalistes a atteint des niveaux extrêmes en 2007, pour la troisième année consécutive, avec 171 tués, à peine moins que le record établi l’année dernière.

Les conflits en Irak, au Pakistan et en Somalie se sont avérés les plus dangereux pour les journalistes au cours d’une année qui a confirmé le niveau élevé des morts enregistré ces dernières années, une « tragédie sans fin » pour des milliers de personnes de par le monde au sein de la communauté des médias.

En 2006, la FIJ avait eu confirmation de la mort de 177 journalistes et autres travailleurs des médias. La fin de l’année 2007 s’est révélée à peine moins fatale avec 171 morts. Les chiffres ont été compilés en coopération avec l’INSI, l’International News Safety Institute.

« Pour la troisième année de suite, la violence contre les journalistes atteint des niveaux records », a déclaré le président de la FIJ Jim Boulmelha. « L’étendue des attaques visant les journalistes témoigne d’une crise persistante marquée par une tragédie sans fin et des attaques incessantes contre la liberté de la presse. »

En Afrique, la Corne de l’Afrique notamment en Erythrée, en Ethiopie, la Somalie et des pays tels la Gambie, la République démocratique du Congo ont la triste réputation de pays liberticides en matière de presse. Des pays jadis cités en exemple de l’ancrage de la démocratie tels le Bénin, le Mali, le Niger et le Sénégal ont eux aussi sombré dans la violation de la liberté de presse par les interpellations et incarcérations de journalistes.

Ainsi insécurité rime avec impunité et celle-ci tue la démocratie. Au Burkina Faso, les années 2006 et 2007 ont été marquées par une offensive contre les médias. Beaucoup de journaux ont été attraits devant la justice pour avoir dénoncé des faits de corruption et de détournements avérés, des passe-droits et impunités. Cette offensive est intervenue juste après le non-lieu prononcé dans le dossier Norbert Zongo en juillet 2006. Non-lieu que les organisations professionnelles, la majorité des organes de presse ont dénoncé et rejeté. Les organisations professionnelles de médias se battent pour l’accès aux sources d’information, car « sans information libre, intelligente, éclairée, la société politique est privée de sens. Grâce à la presse, la démocratie peut, au contraire, se régénérer en permanence et permettre le dialogue entre les citoyens et les pouvoirs publics. »

De même, les organisations professionnelles de média et les journalistes de l’espace CEDEAO et de la Mauritanie réunis à Ouagadougou ont réaffirmé leur engagement à l’égard de la liberté de la presse en tant que droit de l’homme fondamental et élément constitutif indispensable de la démocratie dans chaque pays, y compris dans les pays membres de l’espace CEDEAO et la Mauritanie. Identifié comme principal danger pour la liberté de presse dans l’espace CEDEAO et la Mauritanie, le recours généralisé aux lois sur l’injure publique qui interdisent toute critique à l’égard des hommes politiques et du pouvoir, et aux lois sur la diffamation, deux types de législation utilisées sans discrimination dans la plupart des Etats, qui les maintiennent avant tout pour ‘’verrouiller l’information’’, à l’exception de la Côte d’Ivoire, du Togo et du Ghana. Le thème : « Liberté d’expression, accès et autonomisation » nous interpelle à plus d’un égard.

La liberté de la presse et l’accès à l’information contribuent à l’objectif de développement plus général qu’est l’autonomisation des individus en mettant à leur disposition l’information susceptible de les aider à prendre en main leur propre destin. Ce processus, qui donne aux citoyens la capacité de prendre part au débat public et de demander des comptes aux gouvernements et aux autres instances, renforce la démocratie participative. Mais ce flux de communication n’a rien d’automatique. Il doit être favorisé par des médias libres, pluralistes, indépendants et professionnels ainsi que par des politiques nationales fondées sur les quatre principes clés qui sont au cœur de l’action de l’UNESCO : liberté d’expression, éducation de qualité pour tous, accès universel à l’information et au savoir, et respect de la diversité linguistique.

La liberté de s’exprimer suppose des espaces de rencontres, de dialogues, d’échanges. C’est ce que s’efforce de faire le Centre national de presse depuis 10 ans. En effet, c’est le 3 mai 1998, que les responsables de l’AJB, de la SEP et du SYNATIC ont procédé à l’inauguration de ce bâtiment dénommé Centre national de presse, qui sera moins d’un an plus tard, suite à l’horrible assassinat du président de la SEP, rebaptisé Centre national de presse Norbert Zongo. Depuis lors, tout en continuant le combat pour la vérité et la justice pour Norbert Zongo, le Centre s’est positionné comme un espace privilégié de rencontres de toutes les couches socio professionnelles et différents courants d’idées ; il est aussi un lieu d’apprentissage pour les journalistes et les autres segments de la société ; le Centre de presse Norbert Zongo est devenu un lieu de rendez-vous pour les journalistes africains qui ne manquent pas une opportunité –Festival international de la Liberté de presse, forum des Centres et maisons de presse- pour se retrouver ; En cela, le Centre de presse épouse les contours du thème de la journée internationale de la presse qui est « Liberté d’expression, accès et autonomisation ».

Fait à Ouagadougou le 3 mai 2008

L’Association des journalistes du Burkina

La Société des Editeurs de la Presse privée

Le Syndicat autonome des travailleurs de l’Information et de la Culture.

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