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La journée nationale du paysan

Le Burkina Faso est un pays agricole arriéré qui tire l’essentiel de ses ressources de subsistance de l’agriculture et de l’élevage. La paysannerie qui s’adonne principalement à ces activités, réside en milieu rural et constitue environ 80% de la population.

Aucune politique de développement durable ne peut donc être réaliste, si elle ne prend pas à bras le corps les préoccupations de cette frange importante de la population. C’est ainsi que dans sa politique d’ouverture et de dialogue avec les principaux acteurs du développement du Burkina Faso, le Chef de l’État, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, initia une rencontre avec les producteurs du monde rural ? le 28 décembre 1993 à Léo, chef lieu de la province de la Sissili : la Journée Nationale du Paysan venait ainsi de naître.

Les engagements du 02 juin 1994 sur la production nationale viendront renforcer cette volonté de mobilisation et de remotivation du monde rural.

Le déclic né de cette importante rencontre entre le chef de l’Etat et les producteurs, et les promesses faites de part et d’autre feront apparaître la nécessité de maintenir cette initiative et de lui trouver un cadre d’évaluation.

C’est ainsi que trois ans plus tard, le 5 mars 1996, la ville de Djibo dans la partie sahélienne du pays, sera retenue pour faire un bilan du chemin parcouru depuis Léo.

Toujours sous la direction du Président Blaise COMPAORE, les producteurs des trente

(30) provinces d’alors, évaluent le travail accompli et le niveau d’exécution des engagements qui visaient entre autre : l’accroissement de la production agropastorale, la lutte contre la désertification, la protection des sols et de l’environnement.

Des discussions franches et sincères permettent d’apprécier les forces et les faiblesses des décisions prises et des réalisations effectuées. Tirant leçon des différentes expériences vécues par les producteurs du monde rural, de nouveaux engagements seront issus de cette rencontre et rendez-vous sera pris pour deux ans plus tard, dans le bassin cotonnier du Burkina Faso, à Dédougou chef lieu de la province du Mouhoun.

Cette troisième journée nationale du paysan qui s’est déroulée le 04 avril 1998, a été précédée par une mauvaise saison agricole due au déficit pluviométrique de 1997. Néanmoins, sur les deux années écoulées, on tira un bilan positif sur le plan de la production cotonnière et du maïs. La production du riz quant à elle sera des moins bonnes.

Cependant, l’extraordinaire émulation créée par ces retrouvailles périodiques et la nouvelle considération qu’ont les plus hautes autorités de l’Etat sur le monde rural, donnent de l’espoir aux deux parties et les encouragent à maintenir cette séance périodique d’échanges qui permet de baliser le chemin qui mène à l’auto-suffisance alimentaire.

L’urgence des actions commandera d’en faire une rencontre annuelle. La décision fut prise à Dédougou et c’est à Bogandé, chef lieu de la province de la Gnagna à l’Est que démarre officiellement le cycle annuel de la journée nationale du paysan, le 09 avril 1999.

Philosophie et objectifs

La journée nationale du paysan est un cadre annuel d’échange entre le Président du Faso et les représentants des producteurs de toutes les treize (13) régions du Burkina Faso. Sa tenue vise les objectifs principaux suivants :

- Établir un dialogue franc et direct avec les producteurs autour de leurs préoccupations majeures ;

- Proposer des pistes de solutions aux différentes contraintes qui limitent le développement de leurs activités ;

- Prendre de part et d’autre des engagements pour une promotion véritable du développement rural dans son ensemble ;

- Rendre un hommage mérité à l’ensemble du monde paysan qui travaille inlassablement pour la prospérité du Burkina Faso.

Tous ces objectifs devront contribuer à l’accroissement de la production agro-sylvo-pastorale et à la conscientisation du monde paysan sur sa contribution réelle au développement de l’économie nationale.

Acteurs et contenu

La journée nationale du paysan réunie habituellement, le chef de l’État, le Premier ministre, tous les ministres impliqués de près ou de loin à la production agro-sylvo-pastoral, à l’hydraulique, à la gestion des terroirs et à la protection de l’environnement, les autorités politiques et administratives des localités hôtes, les encadreurs de terrain d’un côté.

De l’autre les producteurs dans leur diversité, en provenance de toutes les régions du Burkina Faso. Généralement, les concertations débutent entre les producteurs eux-mêmes, par un forum avant leur rencontre avec le président du Faso. Ce forum, organisé la veille sur un thème qui traite de la problématique du thème général de la JNP permet de faire la synthèse des contraintes par filière.

A l’issue des allocutions officielles, les discussions à bâton rompu abordent tous les aspects du sujet qui touchent à la production agro-sylvo-pastorale. Il est question de l’organisation du monde paysan, de l’application des techniques nouvelles de production, de l’accroissement de la production cotonnière et céréalière, de la protection des sols et de l’environnement, des questions de sécurité des biens et des personnes.

C’est aussi l’occasion pour les producteurs de formuler des doléances et de faire des suggestions pour l’amélioration des campagnes agricoles à venir.

Les ministres interpellés répondent directement en présence du chef de l’Etat qui achève toujours la séance en rappelant les responsabilités de l’État et en adressant ses félicitations et ses encouragements au monde paysan.

Bilan depuis 1993 et perspectives

Le Président du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE a personnellement participé à toutes les célébrations depuis la première édition, témoignant ainsi son engagement à faire de l’Agriculture un des leviers de notre économie.

Les problèmes soulevés par le monde paysan sont assez récurrents depuis la première édition. Il s’agit entre autres du manque d’eau potable ou de retenues pour l’irrigation, de la cherté ou de l’inefficacité des engrais chimiques, la faible mécanisation de l’agriculture, les problèmes d’infrastructures routières ou de sécurité, etc. Cependant à chaque rendez-vous bilan, des acquis sont constatés sur le terrain qui vont de l’accroissement des productions céréalières et cotonnières à l’augmentation du nombre de fosses fumières et des périmètres irrigués.

Par le passé, le gouvernement a doté le monde paysan de 225 tracteurs, 300 motopompes, 200 moulins, 22 000 équipements divers et des milliers de forages.

L’engagement pris pour la promotion de la petite irrigation villageoise depuis la sixième édition à Banfora en 2001 est devenu une réalité et donne des résultats plus qu’encourageants.

Afin de mieux identifier les problèmes et d’y apporter des solutions idoines et durables, la journée nationale du paysan s’est organisée depuis la 4ème édition autour d’un thème fédérateur. Ainsi on a pu noter les thèmes suivants :

"Des semences de qualité pour une meilleure production agro-pastorale"

pour la 4ème édition le 09 avril 1999 à Bogandé ;

"Renforcer les organisations des producteurs pour une plus grande professionnalisation des acteurs du développement rural"

pour la 5ème édition à Bagré les 27 et 28 avril 2000 ;

"La promotion de l’exploitation des périmètres irrigués villageois comme stratégie d’accroissement de la production"

pour la 6ème édition à Banfora les 2 et 4 mai 2001 ;

"La petite irrigation villageoise ; une alternative aux aléas climatiques pour sécuriser la production alimentaire et lutter contre la faim"

pour la 7ème édition le 14 décembre à N’Dorola ;

"Relance de la filière fruits et légumes comme contribution à la lutte contre la pauvreté"

pour la 8ème édition à Kaya le 27 décembre 2003 ;

"Promouvoir la filière bétail-viande pour renforcer le développement économique et social du Burkina Faso"

pour la 9ème édition le 17 décembre 2004 à Gaoua.

"Promouvoir la sécurisation foncière pour renforcer le développement des filières agro-sylvo-pastorales au Burkina Faso".

Pour la 10ème Journée Nationale du Paysan tenue à Manga le 28 janvier 2006

Le choix du thème a été motivé par l’importance de la question foncière en milieu rural. En effet, les acteurs du secteur agricole s’accordent a reconnaître que l’insécurité foncière en milieu rural est un frein au développement de leurs activités. C’est une question récurrente, transversale à l’ensemble des filières agro-sylvo-pastorales qui est posée à chaque édition de la JNP.

Le secteur du développement rural est la base principale du développement économique et social durable au Burkina Faso. L’agriculture et l’élevage, mais aussi la foresterie, la chasse et la pêche constituent des activités à fort potentiel économique pour les populations rurales. La pleine réalisation de toutes ces activités productives rurales nécessite la mobilisation efficace et la mise en valeur effective des terres, des ressources en eau, des forêts, de la faune et des ressources halieutiques. Or, au Burkina Faso, ce sont les éléments d’une véritable situation de crise foncière qui sont en train de se mettre progressivement en place dans le milieu rural à savoir :

- la compétition accrue et conflictuelle entre acteurs pour le contrôle et l’exploitation des ressources naturelles dont les terres ;

- la poursuite et même l’intensification dans certaines régions, des migrations agricoles et des transhumances pastorales non contrôlées ;

- la multiplication et l’aggravation des conflits entre acteurs ruraux à l’occasion de la mise en valeur des terres ;

- le développement d’un processus de concentration des terres entre les mains d’entrepreneurs ruraux dénommés agrobusinessmen ou<> ;

- la faible efficacité des mécanismes juridiques et institutionnels de gestion foncière et de gestion des conflits en milieu rural.

La 11ème édition de la JNP s’est tenue en plein sahel (un retour au Sahel), précisément à Dori et yakouta, le 9 février 2007 (pour le compte de l’année 2006) sous le thème très évocateur suivant :

"Responsabilités des acteurs du monde rural dans la gestion durable des ressources naturelles".

Conscient du fait que les ressources naturelles constituent « un patrimoine intergénérationnelle à préserver et à fructifier », les acteurs de cette assise se sont fixés comme mission de :

- analyser les pratiques de productions actuelles notamment les filières de productions agricoles, pastorales, forestières, fauniques, halieutiques et minières ;

- analyser la vulnérabilité et les risques de fragilisation des ressources naturelles en relation avec le développement des dites filières ;

- identifier les systèmes de productions non durables et peu respectueux de l’environnement et des ressources naturelles ;

- faire des recommandations en vue d’intégrer les préoccupations environnementales et de durabilité de la gestion des ressources naturelles dans le développement des filières de production agricole, pastorale, forestière, faunique, halieutique et minière ;

- identifier les possibilités de soutien au développement des filières par certaines catégories d’acteurs tels que les opérateurs économiques privés et proposer les modèles de partenariats à développer entre acteurs.

La 12ème édition a eu comme thème « La Révolution verte : accroissement, diversification et intensification des productions agro-sylvo-pastorales ». Tenue à Bobo-Dioulasso et Samendeni les 14 et 15 décembre 2007.

http://www.agriculture.gov.bf/SiteA...

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