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Le zaï et le compostage:Rendre fecond les sols incultes

Sur une superficie de 22 hectares, qui n’avait plus fait l’objet d’exploitation agricole depuis plus de 40 ans en raison de son état de dégradation avancée, les populations ont réalisé avec l’aide du projet SA/RTD, pour leur première campagne, une production de plus de 24 tonnes de sorgho et de niébé. Elles ont, par ailleurs, mis en terre 8 200 plants forestiers sur le site.

Du 12 au 15 novembre 2008 a eu lieu à l’INERA un atelier de lancement des les activités du projet « Vulnérabilité des sols et de leurs services écosystémiques face aux changements climatiques en Afrique de l’Ouest. Cas du Burkina Faso et du Sénégal (VULSOL) ». Le projet est porté par le Dr Victor Hien, Directeur de recherche en agropédologie à l’INERA.

L’atelier de lancement a été suivi d’une tournée de terrain conduite par le Dr Ablassé Bilgo, proposant principal du projet, dans les villages de Ziga, de Bilinga et de Gourga au Yatenga. Elle a permis aux acteurs du projet de visiter des sites aménagés suivant diverses techniques d’adaptation des producteurs aux changements climatiques en climat sud-sahélien.

Dans le village de Ziga, les aménagements prioritaires sont les cordons pierreux auxquels sont associées diverses techniques d’économie de l’eau, dont le zaï et le compostage. Ces techniques permettent aux producteurs de doubler ou de tripler leurs rendements agricoles depuis plus de dix ans.

Dans le village de Bilinga, les acteurs du projet ont échangé avec les producteurs, appuyés par le projet sécurité alimentaire par la restauration des terres dégradées (SA/RTD) du ministère de l’Agriculture et des Ressources halieutiques.

Ce projet réalise un labour profond à la charrue Delfino qui comprend un sous-solage et la réalisation de microbassins en forme de croissants (demi-lunes) sur une longueur de 4 à 5 mètres.

Sur une superficie de 22 hectares, qui n’avait plus fait l’objet d’exploitation agricole depuis plus de 40 ans en raison de son état de dégradation avancée, les populations ont réalisé avec l’aide du projet SA/RTD, pour leur première campagne, une production de plus de 24 tonnes de sorgho et de niébé. Elles ont, par ailleurs, mis en terre 8 200 plants forestiers sur le site.

Sayouba Sawadogo, l’incomparable forestier

La technique la plus impressionnante a été constatée dans le village de Gourga. Là-bas, un vieil homme de 60 ans, Yacouba Sawadogo, président de l’Association Zaï pour le développement du Sahel, a réussi quelque chose, que rare d’humain, sinon aucun, ne pourrait réaliser. Son zaï forestier est tout simplement fabuleux. Sur une terre inculte comme il n’en existe nulle part, il a entrepris de régénérer 20 hectares.

Son œuvre, qu’il a débutée en 1970 au moment où tous les jeunes de son âge (il avait 30 ans) fuyaient le village, force aujourd’hui l’admiration. Celui que d’aucuns assimilent à un fou a pu reconstituer une savane arbustive dans une zone complètement dénudée et gravement cuirassée. La technique utilisée consiste à combiner la régénération naturelle assistée et le zaï. La végétation ligneuse qui pousse dans les trous de zaï est protégée pour les années suivantes. Il a planté toutes sortes d’espèces. D’ailleurs, c’est avec beaucoup de fierté qu’il présente à ses visiteurs le premier arbre (Cassia siberiana) qu’il a planté il y a de cela 32 ans.

Ce qui est incroyable, c’est que Sayouba a conçu des petits bassins qu’il remplit d’eau tous les jours afin de faire revenir dans sa forêt les oiseaux qui ont fui les lieux, suite à la sécheresse. Sayouba Sawadogo est la preuve palpable que l’homme est au départ et à l’arrivée de tout processus. C’est lui qui est la cause des changements climatiques, c’est lui seul aussi qui peut y apporter des solutions.

Kader Traoré

Obsevateur Paalga N°7290 du mardi 30 decembre 2008

les photos sont de faso-dev

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