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Les savoirs locaux : un capital culturel souvent occulté

Le concept de "savoirs locaux" est apparu à la conférence de Rio de Janeiro sur la protection de la biodiversité, dont est issu l’Agenda 21 en 1992. Ensuite se sont succédés les conférences : celle des Philippines la même année, celle organisée en septembre 1993 par la Banque mondiale à Washington, en juin 1997, celle organisée par le gouvernement du Canada et la Banque mondial à Toronto. Fidèle à sa vision annoncé en 1996, la Banque Mondiale lance en 1998, son "Programme Savoirs locaux au service du développement" afin de s’instruire auprès des systèmes de connaissances et des pratiques de développement à base communautaire, et les intégrer aux programmes appuyés par la Banque.

Ce programme Publiera en 2004, un document dont le titre très évocateur est : "Les connaissances autochtones : des approches locales pour un développement global". Ces différentes initiatives de la communauté internationale indiquent non seulement une prise de conscience claire de l’importance des savoirs locaux dans la vie des populations locales et dans le processus de développement de leurs communautés. Les savoirs locaux, longtemps ignorés, sont à présent perçus comme le chaînon manquant du paradigme de développement. La littérature courante définit les savoirs locaux (SL) comme des systèmes de savoirs spécifiques à chaque culture ou société.

Ces savoirs constituent une base de décision des populations locales dans les communautés rurales. Ces savoirs sont transmis de génération en génération et s’opposent souvent aux connaissances acquises dans les écoles et les universités. Ces savoirs locaux ont longtemps été négligés dans les pays en développement. La colonisation a eu une influence certaine sur cette négligence des savoirs locaux dans ces pays. Dans le passé les travaux effectués dans ce domaine ont été fait par des Anthropologues sociaux et occidentaux. Les savoirs locaux ont souvent été perçus comme des curiosités, voire des reliques ou de la superstition.

Les connaissances valables étaient celles générées uniquement dans les universités, stations de recherche et laboratoires, puis transférées à des paysans ignorants et autres populations démunies Alors la domination des systèmes de savoirs locaux par ceux des colonisateurs est très visible en faisant une analyse des contenus du système éducatif hérité de la colonisation. Le relais de cette négligence des savoirs locaux se constate aujourd’hui avec les élites urbaines à l’endroit des pauvres des campagnes. L’évolution des mentalités conduira plus tard après les indépendances à reconsidérer la valeur réelle des ces connaissances.

Les premières indications de la prise de conscience de l’importance des savoirs locaux nous sont fournies par Gregory Knight (1974) qui, après une étude très révélatrice sur les pratiques agricoles des Nyiha en Tanzanie, a lancé un appel soulignant la nécessité d’apprécier la pensée d’une société comme étant un corps de connaissance cohérent et rationnel, développé pendant plusieurs génération dans une pratique culturale et légué comme culture à des générations successives. Aujourd’hui plusieurs indicateurs attestent de la volonté des chercheurs, décideurs et partenaires au développement d’intégrer les savoirs locaux dans le paradigme de développement. Autrefois marginalisés, les savoirs locaux sont de nos jours au coeur des efforts de développement, et peuvent être la fondation pour le développement au 21ème siècle.

Résumé du livre du Dr Basga Emile Dialla, Directeur du Centre D’Analyse et de Politique Economique et Sociale.

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