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Recherche scientifique : du sorgho OGM pour sauver les enfants de la malnutrition

Ouagadougou abrite du 23 au 27 février 2009, la 8e rencontre de planification des activités du projet Sorgho biofortifié en Afrique (ABS). Le projet, après avoir fait ses preuves en Afrique du Sud, au Kenya, prospecte depuis trois ans, le Burkina Faso, l’un des gros producteurs et consommateurs de sorgho en Afrique. Des millions de Burkinabè ont pour aliment de base, le sorgho sans savoir que c’est une céréale très pauvre en aliments nutritifs tels que le fer, le zinc, les vitamines A et E. Cela est aussi valable pour plus de 300 millions de pauvres à travers le monde ayant pour aliment de base, le sorgho et dont la majorité vit en Afrique subsaharienne et dans le Sud de l’Inde.

C’est pourquoi, des chercheurs ont lancé en juillet 2005 un projet dénommé Sorgho biofortifié en Afrique (ABS). Ce projet qui a d’abord démarré ses activités en Afrique du Sud, au Kenya, est depuis trois ans, en expérimentation au Burkina Faso, à travers l’Institut national de recherche agricole (INERA). Ce n’est donc pas par hasard que le pays a été choisi pour abriter le 8e atelier de planification des activités du projet.

Ainsi, au cours de cette rencontre qui se déroule du 23 au 27 février à Ouagadougou, les chercheurs venus d’Afrique du Sud, du Kenya, de l’Egypte et du Nigeria, vont faire le point des résultats engrangés au cours des trois ans et demi de la phase I du projet et des perspectives pour les années à venir.

Le directeur général du CNRST, Basile Guissou, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, s’est réjoui de l’arrivée de ce projet au Burkina Faso, qui va permettre de développer un sorgho transgénique plus nutritif et plus digestible avec des teneurs plus élevées en acides aminés essentiels, en fer et en zinc. Cela, d’autant plus que le sorgho est une culture de survie au Burkina Faso où près de 48% des terres cultivées en céréales lui sont consacrées. “L’initiative de conduire un tel projet pour améliorer les qualités nutritives de sorgho est fort louable dans la mesure où la malnutrition reste une cause principale, directe ou indirecte du développement de nombreuses maladies”, a souligné le directeur général du CNRST.

En effet, on estime que plus de 50% des enfants de moins de 5 ans vivant dans les pays subsahariens, souffrent d’anémie ferrique. L’affaiblissement des systèmes immunitaires, les cécités, les faibles poids à la naissance et les retards de croissance sont très souvent les conséquences de carences en micro- nutriments essentiels.

Pour le directeur de l’INERA, Dr Gnissa Konaté, l’arrivée du projet va permettre de prouver que la recherche-développement que mène son institution ne s’intéresse pas seulement aux cultures industrielles en l’occurrence le coton. L’amélioration des cultures vivrières constitue également une des préoccupations.

Au Burkina Faso, le sorgho biofortifié ou génétiquement modifié n’a pas encore atteint le stade de vulgarisation. L’étape de transformation génétique qui consiste à introduire des gènes pour améliorer la qualité du sorgho a été franchie. Sont actuellement en cours les essais pour vérifier si la transformation a réussi. Mais, le directeur de l’INERA rassure : “Cela va se faire dans des conditions strictement surveillées. Si l’expérience s’avère concluante, nous n’allons pas cultiver les variétés qui viennent d’ailleurs. Comme pour le coton, nous allons croiser ce produit avec les variétés cultivées au Burkina Faso et qui sont adaptées à notre écologie”. Et d’ajouter que tous ces essais, se feront sous le contrôle de l’Agence nationale de biosécurité.

La rencontre de Ouagadougou a connu la présence de l’équipe de Africa Harvest au grand complet.

Africa Harvest est la structure qui coordonne le projet ABS. Il s’agit de la présidente de Africa Harvest, Dr Florence Wambugu, du principal chercheur du projet, Paul Anderson et du directeur chargé des relations publiques et de la communication, Daniel Kamanga.

Le projet ABS a été initié par un consortium africain, dont sept membres sont basés en Afrique et les deux autres, aux Etats-Unis. Ce projet fait partie des projets soutenus par l’initiative Grand challenges in global health financé par la Fondation Bill Gates, le patron de Microsoft.

Fatouma Sophie OUATTARA

source : www.sidwaya.bf

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