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Une recherche sur les TIC en gestation : le CRDI à Yam Pukri

Du 16 au 19 avril 2008, l’association Yam Pukri a reçu en visite de travail, monsieur Alioune Badara Camara du Centre de recherche et de développement Internationale (CRDI). Juriste de formation, Alioune Camara est, aujourd’hui, un grand acteur du monde des technologies de l’information et de la communication en Afrique. Il nous parle de lui et de l’objectif de sa mission au Burkina Faso. Entretien……. Pouvez vous, vous présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Alioune Badara Camara. Je suis Sénégalais, juriste de formation, spécialiste en relations internationales, et par la suite aux sciences de l’information et de la communication.

J’ai travaillé, pendant trois (3) ans, à l’université Cheick Anta Diop de Dakar, comme assistant à la section de documentation que j’ai créée avant de venir dans le sahel travailler pour le C.I.L.S.S (Comité permanent inter-états de lutte contre la sécheresse dans le sahel).

Au CILSS, je coordonnais un réseau de documentation. Notre rôle à l’époque était d’échanger la production documentaire concernant les rapports scientifiques, les résultats des recherches d’étudiants, de ce qu’on appelait la littérature grise. Tous ces rapports d’étude et de recherche qui n’étaient pas publiés et qui souvent dormaient dans les tiroirs des ministères, des bureaux d’études...Nous les traitons afin de mettre à la disposition des chercheurs et de toute la communauté scientifique des données dont ils ont besoin.

Un des problèmes qu’on avait à l’époque dans les pays du sahel était la facilité de se documenter en dehors des régions que dans la région elle-même. Pour vous donner un exemple, au moment où on démarrait ce projet, il y avait un grand centre de documentation à Paris, un grand centre de documentation sur le sahel à « Wageningen » aux Pays-Bas.

Nous voulons ainsi renverser cette tendance et faire en sorte que les pays du sahel aient des compétences techniques en terme de bibliothécaires, de documentalistes, archivistes pour pouvoir organiser leur propre documentation et le mettre à la disposition des africains et des autres. Cela a été une période extrêmement exaltant de ma vie.

C’est après ces dix (10) ans, passés au CILSS, que j’ai rejoins en janvier 1988, le Centre de Recherche et de Développement International (CRDI). Cette organisation a pour mission d’aider les pays en développement à créer leur propre capacité de recherche scientifique et technique et de pouvoir conduire ces recherches scientifiques et techniques dans des domaines aussi diverses que l’environnement, les ressources naturelles, économiques, la santé, les problèmes écologiques et surtout dans le domaine des technologies de l’information et de la communication qui est le domaine dans lequel je travaille.

De juriste de formation à documentaliste , puis aujourd’hui, spécialiste TIC quels rapports ?

Très intéressant, personnellement, il m’arrive de faire un regard en arrière et de m’interroger sur mon propre parcours professionnel en me disant, mais au fond c’est quoi ce parcours un peu sinueux ? Mais en réalité, je pourrais essayer de trouver des repères qui expliquent un peu pourquoi je me suis retrouvé dans le domaine des sciences de l’information.

En tant, que juriste de formation avec spécialité relations internationales, je me suis toujours intéressé à l’actualité internationale. En 3ème et 4 ème année d’étude de droit, j’ai été recruté comme moniteur à la faculté. Une de nos fonctions était de gérer le centre de documentation de la faculté. Je ne voyais pas mon travail seulement comme celui de quelqu’un qui est assit là et qui reçoit les étudiants, un travail de surveillance. Par rapport aussi à mon intérêt du point de vu des études, je faisais beaucoup de dossiers documentaires sur des thèmes des relations internationales. Je mettais cela à la disposition des étudiants.

J’utilisais aussi ces données pour mes propres recherches. J’ai pris goût pour tout ce qui est collecte de l’information, traitement de l’information. Je rêvais de devenir un jour documentaliste ou journaliste. J’admirais beaucoup aussi le monde diplomatique.

Aussi, j’ai eu une opportunité à mon année de licence en droit. Une école de bibliothécaire qui assurait la formation de documentaliste voulait créer une nouvelle section. Une section documentation et cherchait quelqu’un pour une formation post-universitaire en France pendant un (1) an. Après quatre (04) ans d’étude à Dakar, ce cours post-universitaire était, très alléchant, parce que ce n’était pas un cours classique dans un seul endroit, avec des possibilités de voyage d’études à l’étranger et était une nouvelle opportunité pour moi.

Compte tenu de ma passion pour la documentation, je suis allé faire cette formation. Quand je suis revenu, j’ai continué mes études de droit, fort heureusement. Je suis devenu assistant à la faculté de droit.

Comme je suis quelqu’un qui aime relever les défis, j’ai créé la section documentation que j’ai dirigé pendant trois (03) ans. C’est à ce moment que le CILSS travaillait à mettre en place son projet de réseau de documentation et d’information scientifique et technique.

Je suis venu représenter mon école à cette réunion à Ouagadougou. J’étais des quelques rares spécialistes en documentation à l’époque. A la réunion de Ouagadougou, on m’a proposé de prendre la coordination de ce projet. Ce qui m’a surpris, parce que je voulais d’abord terminer mon étude supérieure de droit public. Sur place, il m’était difficile de décider. Qu’est que mon école va penser, je suis chef de section, quitter en début d’année Octobre 1977.

J’ai dit , c’était pas possible, sauf si on pouvait attendre au moins la fin de l’année. Toute chose qui était difficile car c’est un projet qui devait démarrer comme prévu. J’ai dit, c’est peut être pas ma chance tout en laissant la porte ouverte au cas où ils auront besoin de moi en fin d’année scolaire. Puis je suis rentré tranquillement et je n’y pensais même plus. Un beau jour jour, ils m’ont relancé. Ils m’ont dit, vous êtes la seule personne. On va s’accommoder à votre planning. J’étais jeune à l’époque, vingt sept (27) ans.

Nous allons d’ailleurs négocier avec l’université car dans le projet, il y avait un volet appui à l’université. J’ai pris l’engagement avec l’université que quand je serai à ce poste, je ferais tout pour renforcer la formation à la base. Donc , il y a eu un intérêt personnel , mais ensuite , il y a eu des opportunités qui se sont présentées.

Est qu’il vous arrive de regretter d’avoir laissé un peu de côté votre formation initiale ?

Non, j’ai beaucoup aimé le droit, suis très légaliste, en passant par ailleurs. Le droit m’a appris certaines rigueurs. Le droit , ce sont des textes, c’est sacré même si on l’interprète aussi. Cette rigueur et le fait que, j’étais dans le droit international m’a aidé en ce sens qu’au CILSS, j’étais dans une organisation régionale africain, qui travaille dans des domaines extrêmement techniques. J’’étais confronté à des situations liées par exemple à la coopération internationale. Le réseau que je coordonnais travaillait avec plusieurs organisations dans des domaines précis, l’hydraulique, l’intégration régionale etc. Donc, il fallait être familier aux questions de relations internationales.

Dans quel cadre se situe votre visite au Burkina et en particulier à Yam Pukri ?

Je suis à Yam-Pukri dans le cadre de la mise en place d’un projet de recherche sur le secteur informel des TIC. C’est un projet sous régional de recherche sur la dynamiques et le rôle économique et social du secteur informel des TIC en Afrique de l’Ouest et du Centre. Trois pays sont concernés par ce projet de recherche. Il s’agit du Burkina Faso, du Cameroun et du Sénégal. La coordination de ce projet sera assurée par l’association Yam-Pukri, à travers son président Sylvestre Ouédraogo. Après l’accord du projet par notre institution, nous sommes venus pour finaliser le contrat de travail.

En quoi consistera ce projet de recherche ?

Vous savez que, nos économies sont caractérisées par la coexistence d’un secteur formel et d’un autre dit informel. Ce dernier occupe, selon les pays et les zones urbaine ou rurale, 70 à 80 % de la population active. L’avènement des TIC à créé de nouvelles opportunités économiques qui contribuent à la richesse nationale ainsi qu’à la création d’emplois et d’activités génératrices de revenus au profit de diverses catégories sociales. Il s’agira, dans le cadre de ce projet, de regarder de plus près, si ce nouveau secteur contribue à générer des ressources au sein de nos communautés.

Cette documentation va permettre de cerner la contribution du secteur informel des TIC à la richesse nationale. Voir si les gens qui y sont, c’est par opportunité ou c’est juste par manque de travail etc. En gros, il s’agira pour nous de documenter le secteur informel des TIC pour mettre à la disposition des différents acteurs des données réelles, voir des pistes.

Roukiattou Ouédraogo, faso-dev

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